Argousier (Hippophae rhamnoides) : une baie remarquable, de la vitamine C aux oméga-7

20 juillet 2023

Introduction

Avec ses petites baies orange vif et sa capacité à pousser dans des environnements particulièrement exigeants, l’argousier (Hippophae rhamnoides) est un arbuste qui ne passe pas inaperçu. Derrière son apparence rustique se cache un fruit à la composition nutritionnelle remarquable, notamment connu pour sa teneur élevée en vitamine C.


Mais l’intérêt de l’argousier ne s’arrête pas à ses baies. Sa pulpe et ses graines permettent notamment d’obtenir des huiles aux profils lipidiques différents, dont certaines se distinguent par leur teneur en acides gras oméga-7.


Botanique, culture, composition, huiles, méthodes d’extraction, utilisations et critères de qualité : découvrons ce qui caractérise réellement l’argousier et pourquoi cette plante suscite autant d’intérêt.

Sommaire dépliant – Argousier

Sommaire

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1. L’argousier : description scientifique et botanique

L’argousier (Hippophae rhamnoides) est un arbuste épineux à feuilles caduques de la famille des Éléagnacées (Elaeagnaceae). Présent naturellement en Europe et en Asie, il est facilement reconnaissable à son feuillage argenté et à ses nombreuses baies jaune orangé.

1.1. Morphologie et caractéristiques de la plante

L’argousier forme un arbuste dense et ramifié pouvant atteindre plusieurs mètres de hauteur. Ses principales caractéristiques permettent de l’identifier rapidement :

Partie de la plante Principales caractéristiques
Rameaux Rigides, ramifiés et généralement pourvus d’épines.
Feuilles Étroites et allongées, avec une teinte vert grisâtre à argentée.
Fleurs Petites, discrètes et dépourvues de pétales voyants.
Fruits Petites baies charnues de couleur jaune à orange, regroupées le long des rameaux.
Racines Système racinaire développé capable de produire de nombreux rejets.

Les fruits se développent en amas serrés le long des rameaux, donnant à l’arbuste femelle son apparence caractéristique à la fin de l’été.


1.2. Une plante dioïque : pieds mâles et femelles

L’argousier est une plante dioïque : les fleurs mâles et femelles sont généralement portées par des plants différents.

  • Le plant mâle produit le pollen.
  • Le plant femelle porte les fleurs puis les baies après fécondation.
  • La présence des deux sexes à proximité est donc nécessaire pour obtenir une bonne fructification.


Cette particularité doit impérativement être prise en compte lors de la plantation d’argousiers destinés à produire des fruits.


1.3. Pollinisation, fructification et formation des baies

La pollinisation de l’argousier est principalement assurée par le vent. Le pollen des pieds mâles atteint les fleurs des pieds femelles, permettant leur fécondation puis le développement des fruits.


Floraison → pollinisation → fécondation → formation des baies → maturation


Les baies mûrissent généralement entre la fin de l’été et l’automne, selon la variété et les conditions climatiques. Leur disposition très serrée sur les rameaux, associée aux épines de l’arbuste, contribue à rendre leur récolte relativement délicate.


2. Répartition et écologie : une plante des milieux extrêmes

L’argousier (Hippophae rhamnoides) se distingue par sa capacité à coloniser des milieux où de nombreuses autres espèces végétales rencontrent des difficultés. Froid, vent, sols pauvres ou terrains instables font partie des contraintes auxquelles cet arbuste est particulièrement bien adapté.

2.1. Aire naturelle et principaux habitats

L’aire naturelle de l’argousier s’étend sur une vaste partie de l’Europe et de l’Asie. On le rencontre notamment dans des régions montagneuses, sur certains littoraux ainsi que le long de cours d’eau.


Il affectionne particulièrement les milieux ouverts et bien exposés à la lumière, par exemple :

  • les terrains sableux ou graveleux ;
  • les berges et terrasses alluviales ;
  • les dunes et certains milieux littoraux ;
  • les pentes et terrains montagneux.


Cette large répartition témoigne surtout de sa capacité à se développer dans des environnements très différents.


2.2. Une remarquable capacité d’adaptation

L’argousier est une plante rustique et résistante. Il supporte notamment des températures hivernales très basses, même si sa tolérance exacte dépend de l’origine génétique, de la variété et des conditions de culture.


Il possède également plusieurs caractéristiques favorisant son implantation :

  • bonne résistance au froid et au vent ;
  • préférence pour les endroits ensoleillés ;
  • capacité à pousser sur des sols relativement pauvres ;
  • tolérance à différents types de sols lorsqu’ils sont suffisamment drainés.


L’argousier supporte donc des conditions difficiles, mais cela ne signifie pas que toutes les situations lui conviennent. Les sols durablement gorgés d’eau, par exemple, lui sont généralement défavorables.


2.3. Système racinaire, fixation de l’azote et rôle écologique

L’une des particularités les plus intéressantes de l’argousier se trouve sous terre. Ses racines peuvent établir une symbiose avec des bactéries du genre Frankia capables de fixer l’azote atmosphérique.


Cette association permet à la plante de mieux se développer sur des sols relativement pauvres en azote. Son système racinaire étendu et sa capacité à produire des rejets favorisent également la colonisation et la stabilisation de certains terrains.


L’argousier présente ainsi plusieurs intérêts écologiques :

  • stabilisation des sols et limitation de l’érosion ;
  • colonisation de terrains pauvres ou perturbés ;
  • contribution à l’enrichissement du sol en azote au sein de son environnement ;
  • formation de fourrés pouvant offrir abri et ressources à différentes espèces animales.


Ces caractéristiques expliquent pourquoi l’argousier peut être utilisé dans certains projets de restauration des sols et de lutte contre l’érosion.


3. Culture de l’argousier : les points techniques essentiels

Rustique, l’argousier demande relativement peu d’entretien une fois bien installé. La réussite de sa culture repose toutefois sur quelques paramètres essentiels : un emplacement lumineux, un sol suffisamment drainé et la présence de plants mâles et femelles pour obtenir des fruits.

3.1. Sol, climat et conditions de culture

L’argousier apprécie particulièrement les expositions ensoleillées. Il s’adapte à des sols variés, y compris relativement pauvres, mais supporte mal les terrains durablement gorgés d’eau.


Les principales conditions à retenir sont :

  • une exposition en plein soleil ;
  • un sol bien drainé ;
  • une bonne résistance au froid hivernal ;
  • suffisamment d’espace pour son développement et ses rejets.


Sa rusticité explique son implantation dans des régions aux hivers rigoureux. Les caractéristiques précises de résistance et de croissance peuvent toutefois varier selon les cultivars.


3.2. Plantation et répartition des plants mâles et femelles

Comme nous l’avons vu précédemment, l’argousier est dioïque. Pour produire des baies, les plants femelles doivent donc être associés à au moins un plant mâle compatible situé suffisamment près pour permettre la pollinisation par le vent.


Dans une plantation destinée à la production de fruits, on installe généralement plusieurs plants femelles pour un plant mâle. Le ratio exact dépend notamment du cultivar, de la disposition de la parcelle et des conditions de pollinisation.


Il faut également anticiper l’espace disponible : l’argousier peut former des rejets à partir de ses racines et progressivement s’étendre autour du pied initial.


3.3. Entretien, taille et besoins en eau

Une fois installé, l’argousier est relativement autonome. Les jeunes plants nécessitent néanmoins une attention particulière pendant leur enracinement, notamment lorsque les précipitations sont insuffisantes.


L’entretien repose principalement sur trois points :

  • Arrosage : surtout important après la plantation et pendant les périodes sèches.
  • Taille : permet d’éliminer le bois mort et de maîtriser la forme ou l’encombrement de l’arbuste.
  • Rejets : peuvent être supprimés lorsqu’on souhaite limiter son expansion.


Une taille excessive peut réduire la production puisque les fruits se développent sur les rameaux. Elle doit donc rester adaptée à l’objectif de culture.


3.4. Récolte des baies et rendement

La récolte constitue l’une des étapes les plus délicates de la culture de l’argousier. Les baies sont petites, fragiles et fortement regroupées autour de rameaux souvent épineux.


Selon le mode de production, différentes techniques peuvent être employées : cueillette manuelle, utilisation d’outils adaptés ou coupe de rameaux fructifères suivie d’un traitement permettant de séparer les fruits.


Le rendement n’est pas fixe. Il dépend fortement de la variété, de l’âge des plants, de la pollinisation, du climat, de la densité de plantation et des pratiques culturales.


La période de récolte varie elle aussi selon les cultivars et les régions, mais intervient généralement entre la fin de l’été et l’automne, lorsque les baies ont atteint leur maturité.


4. Composition nutritionnelle de l’argousier

La baie d’argousier se distingue par une composition particulièrement diversifiée. Elle apporte notamment de la vitamine C, des caroténoïdes, des composés phénoliques, des minéraux, des acides organiques et différents lipides. Leur concentration peut toutefois varier considérablement d’un fruit à l’autre

4.1. Une baie particulièrement riche en vitamine C

La vitamine C (acide ascorbique) constitue l’une des caractéristiques nutritionnelles les plus remarquables de l’argousier.


Les analyses publiées montrent cependant des écarts importants. Une revue scientifique rapporte par exemple des concentrations allant d’environ 53 à 896 mg de vitamine C pour 100 g de fruits, selon les échantillons étudiés. Certaines sous-espèces et certains cultivars peuvent présenter des valeurs situées en dehors de cette plage.


Il est donc plus juste de retenir que l’argousier peut être très riche en vitamine C, plutôt que de lui attribuer une teneur fixe.


4.2. Vitamines, caroténoïdes et polyphénols

La vitamine C n’est pas le seul composé intéressant de la baie. L’argousier contient également des tocophérols (vitamine E), des caroténoïdes et de nombreux composés phénoliques.


Les caroténoïdes participent notamment à la couleur jaune orangé caractéristique des fruits. On retrouve, selon les variétés, du β-carotène, de la zéaxanthine, du lycopène et d’autres caroténoïdes.


Parmi les polyphénols identifiés figurent principalement des flavonoïdes et des acides phénoliques, avec notamment des dérivés de la quercétine, de l’isorhamnétine et du kaempférol.

Famille de composés Exemples À retenir
Vitamines Vitamine C, vitamine E La baie se distingue particulièrement par sa teneur élevée en vitamine C.
Caroténoïdes β-carotène, zéaxanthine, lycopène Ces pigments participent notamment à la couleur jaune orangé des baies.
Polyphénols Flavonoïdes et acides phénoliques L’argousier contient notamment des dérivés de l’isorhamnétine, de la quercétine et du kaempférol.
Minéraux Potassium, calcium, magnésium, phosphore, fer… Leur concentration varie selon l’origine et les conditions de culture.
Autres constituants Acides organiques, sucres, fibres, acides aminés et lipides Ils complètent la composition nutritionnelle particulièrement diversifiée du fruit.

La composition de l’argousier varie selon la variété, l’origine géographique, le degré de maturité, les conditions de culture, la récolte, le stockage et les méthodes d’analyse.


4.3. Minéraux, oligo-éléments et autres nutriments

Les baies renferment également différents minéraux et oligo-éléments, notamment du potassium, du calcium, du magnésium, du phosphore, du fer, du zinc, du manganèse et du cuivre.


Elles contiennent aussi des sucres, des fibres, des acides organiques et des acides aminés. La baie possède enfin une fraction lipidique particulièrement intéressante, que nous détaillerons dans la partie consacrée à l’huile d’argousier.


4.4. Une composition qui varie selon l’origine et la maturité du fruit

Il n’existe pas une composition nutritionnelle unique de l’argousier. Les concentrations mesurées peuvent varier fortement en fonction de plusieurs facteurs :

  • la sous-espèce et le cultivar ;
  • la région et les conditions climatiques ;
  • le stade de maturité des baies ;
  • la période de récolte ;
  • les conditions de stockage et de transformation ;
  • la partie du fruit analysée et la méthode d’analyse.


Cette variabilité est essentielle lorsqu’on compare deux produits à base d’argousier : l’origine de la matière première et son mode de transformation comptent autant que le nom de la plante affiché sur l’étiquette.


5. L’huile d’argousier : un profil lipidique singulier

L’argousier permet d’obtenir deux huiles aux compositions sensiblement différentes : l’huile issue des graines et celle provenant des parties charnues du fruit, généralement appelée huile de pulpe. Cette distinction est essentielle pour comprendre les produits à base d’argousier.

5.1. Composition en acides gras : oméga-3, 6, 7 et 9

L’huile d’argousier contient plusieurs familles d’acides gras, mais leur répartition dépend fortement de la partie du fruit utilisée.

  • Oméga-3 : principalement l’acide α-linolénique (ALA).
  • Oméga-6 : principalement l’acide linoléique.
  • Oméga-7 : notamment l’acide palmitoléique.
  • Oméga-9 : principalement l’acide oléique.


L’huile de graines se caractérise surtout par ses acides gras polyinsaturés, notamment les oméga-3 et 6. L’huile de pulpe se distingue davantage par sa proportion d’acides gras mono-insaturés et, en particulier, d’oméga-7.


5.2. L’oméga-7 : pourquoi suscite-t-il autant d’intérêt ?

L’acide palmitoléique (C16:1 n-7) est un acide gras mono-insaturé appartenant à la famille des oméga-7. L’argousier se distingue par la présence de cet acide gras, principalement dans l’huile issue de la pulpe du fruit.


Sa proportion varie selon la variété, l’origine des baies et le procédé d’extraction. L’huile de graines présente, quant à elle, un profil différent et contient généralement beaucoup moins d’acide palmitoléique.


L’intérêt de l’oméga-7 dans cet article est donc avant tout nutritionnel et biochimique : sa présence contribue à différencier l’huile de pulpe des autres huiles végétales et de l’huile issue des graines d’argousier.


5.3. Huile de pulpe et huile de graines : quelles différences ?

Parler simplement d’« huile d’argousier » peut prêter à confusion. Les deux huiles présentent des profils lipidiques nettement différents.

Caractéristique Huile de graines Huile de pulpe
Origine Graines de la baie Parties charnues du fruit
Acides gras dominants Acides linoléique (oméga-6) et α-linolénique (oméga-3) Acides palmitoléique (oméga-7), palmitique et oléique (oméga-9)
Oméga-7 Très faible teneur Teneur caractéristique et généralement élevée
Caroténoïdes Faible teneur Beaucoup plus abondants
Aspect général Huile moins intensément colorée Couleur orange à rouge orangé caractéristique

Les proportions exactes varient selon la sous-espèce, le cultivar, l’origine géographique, la maturité des fruits et la méthode d’extraction.

Cette différence explique pourquoi deux produits portant tous deux la mention « huile d’argousier » ne sont pas nécessairement équivalents. Il est important de vérifier si l’huile provient des graines, de la pulpe ou éventuellement d’un mélange des deux.


5.4. Caroténoïdes, vitamine E et autres composés de l’huile

Les huiles d’argousier ne contiennent pas uniquement des acides gras. Elles renferment également différents composés liposolubles, dont des tocophérols et tocotriénols (famille de la vitamine E), des phytostérols et des caroténoïdes.


La répartition est là encore différente : les caroténoïdes sont surtout concentrés dans l’huile de pulpe, à laquelle ils donnent sa couleur orange à rouge orangé caractéristique. L’huile de graines est quant à elle particulièrement intéressante pour son profil en acides gras polyinsaturés et contient également des tocophérols et des phytostérols.


La composition finale dépend toutefois fortement de la matière première et de son traitement. Le procédé utilisé pour extraire l’huile est donc un autre élément déterminant de sa qualité, que nous allons examiner dans la partie suivante.


6. Extraction de l’huile d’argousier et critères de qualité

La qualité d’une huile d’argousier ne dépend pas uniquement de la baie utilisée. La partie du fruit, sa préparation et surtout la méthode d’extraction influencent le rendement et la composition finale de l’huile.

6.1. Pressage, CO₂ supercritique et extraction par solvants

Plusieurs techniques permettent d’extraire l’huile des graines ou de la pulpe :

  • Pressage mécanique : procédé relativement simple qui extrait l’huile par pression. Son rendement peut être plus faible que celui d’autres méthodes.
  • CO₂ supercritique : utilise du dioxyde de carbone sous pression pour extraire les composés lipophiles. Après dépressurisation, le CO₂ se sépare de l’extrait sans laisser de résidu de solvant.
  • Solvants organiques : permettent généralement une extraction efficace, mais nécessitent ensuite l’élimination et le contrôle rigoureux des solvants utilisés.


Chaque procédé présente donc des avantages et des contraintes en matière de rendement, de coût et de maîtrise technique.


6.2. Influence du procédé d’extraction sur la composition

La méthode d’extraction peut influencer la quantité et le profil des composés récupérés, notamment les acides gras, caroténoïdes, tocophérols et phytostérols.


La température, la pression, la durée d’extraction et la préparation de la matière première sont autant de paramètres à prendre en compte.


Il n’existe donc pas une méthode systématiquement « meilleure » : la qualité finale dépend de l’ensemble du processus de fabrication, depuis la baie jusqu’au conditionnement de l’huile.


6.3. Oxydation, conservation et qualité de l’huile

Les huiles d’argousier contiennent des acides gras insaturés sensibles à l’oxydation. La lumière, l’oxygène et la chaleur peuvent progressivement altérer leur qualité.


Pour limiter cette dégradation :

  • conserver l’huile à l’abri de la lumière et de la chaleur ;
  • bien refermer le contenant après utilisation ;
  • respecter les conditions de conservation du fabricant.


À retenir : lors du choix d’une huile d’argousier, il est utile de vérifier son origine (graines, pulpe ou mélange), son procédé d’extraction, sa composition et son conditionnement.


7. Bienfaits et utilisations de l’argousier

La richesse nutritionnelle de l’argousier explique l’intérêt que lui porte la recherche. Des études chez l’humain existent, notamment sur les huiles issues des graines et de la pulpe, mais les résultats restent variables et ne permettent pas d’attribuer à l’argousier des propriétés thérapeutiques générales.

7.1. Ce que la recherche scientifique nous apprend

L’argousier fait l’objet de nombreuses recherches, mais toutes les propriétés qui lui sont attribuées ne disposent pas du même niveau de preuve.


Ce que l’on peut retenir de manière concrète :

  • la baie contient naturellement de la vitamine C ;
  • elle renferme des caroténoïdes et des polyphénols ;
  • l’huile de graines apporte principalement des acides gras polyinsaturés ;
  • l’huile de pulpe se distingue notamment par sa teneur en acide palmitoléique (oméga-7) et en caroténoïdes.


La composition varie toutefois fortement selon la variété, la maturité du fruit et sa transformation.


7.2. Argousier, peau et muqueuses

L’argousier est souvent associé à la peau et aux muqueuses, notamment en raison de la composition de son huile.


Il faut cependant rester précis : la présence d’oméga-7, de caroténoïdes ou de vitamine E ne permet pas à elle seule d’attribuer à l’argousier un effet thérapeutique.


On peut donc présenter l’huile d’argousier pour son profil lipidique et sa composition, sans affirmer qu’elle traite une affection cutanée ou un problème de muqueuses.


7.3. Utilisations alimentaires et compléments alimentaires

Les baies d’argousier peuvent être transformées en jus, purées, poudres ou extraits. Les huiles de graines et de pulpe sont également proposées sous forme de compléments alimentaires.


Il est important de regarder la composition du produit : huile de graines et huile de pulpe ne présentent pas le même profil nutritionnel.


Pour les compléments, les éventuelles allégations nutritionnelles ou de santé dépendent de la composition réelle du produit et des conditions réglementaires applicables.


7.4. Applications cosmétiques

L’argousier est enfin utilisé dans de nombreux soins cosmétiques, principalement sous forme d’huile ou d’extrait.


L’huile de pulpe est particulièrement reconnaissable à sa couleur orange soutenue, due à sa richesse en caroténoïdes. Elle entre notamment dans la formulation d’huiles, crèmes, baumes et sérums.


Dans ce contexte également, il convient de parler de composition et d’usage cosmétique, sans lui attribuer de propriétés médicales.


8. Comment choisir un produit à base d’argousier ?

Tous les produits à base d’argousier ne se valent pas. Pour faire un choix pertinent, il faut surtout regarder l’origine de la matière première, la partie du fruit utilisée, le procédé de fabrication et la composition réellement annoncée.

8.1. Origine, traçabilité et partie de la baie utilisée

La première information à rechercher est la partie de l’argousier utilisée. C’est particulièrement important pour les huiles, car graines et pulpe présentent des compositions très différentes.


  • Huile de graines : davantage caractérisée par les oméga-3 et oméga-6.
  • Huile de pulpe : davantage caractérisée par l’oméga-7 et les caroténoïdes.
  • Huile de fruit entier ou mélange : sa composition dépend de la proportion des différentes fractions.


Une bonne traçabilité doit également permettre d’identifier clairement l’espèce, l’origine de la matière première et la partie du fruit employée.


8.2. Procédé d’extraction et composition

Pour une huile, le procédé d’extraction doit idéalement être indiqué : pression mécanique, extraction au CO₂ supercritique ou autre procédé. Comme vu précédemment, la méthode employée peut influencer le rendement et la récupération de certains constituants.


Mais la méthode d’extraction ne suffit pas à juger seule la qualité. Il faut surtout regarder ce que contient réellement le produit fini : profil en acides gras, proportion d’huile d’argousier et éventuels autres ingrédients.


8.3. Les critères permettant d’évaluer la qualité

Avant l’achat, quelques vérifications simples permettent de mieux comparer les produits :

  • partie utilisée clairement identifiée : graines, pulpe ou mélange ;
  • origine et traçabilité de l’argousier ;
  • procédé d’extraction indiqué lorsqu’il s’agit d’une huile ;
  • composition détaillée et compréhensible ;
  • quantité ou concentration clairement mentionnée ;
  • conditionnement adapté, notamment pour protéger les huiles de la lumière ;
  • conditions de conservation précisées.


À retenir : une mention comme « huile d’argousier » ne suffit pas. Deux huiles peuvent avoir des compositions très différentes selon qu’elles proviennent des graines ou de la pulpe.


9. Les produits dérivés de l’argousier

L’argousier est aujourd’hui proposé sous différentes formes. Parmi les plus courantes figurent les compléments alimentaires, les huiles, les extraits et les produits cosmétiques. Leur composition dépend principalement de la partie de la plante utilisée et de son mode de transformation.

9.1. Compléments alimentaires et extraits

La forme choisie est importante : un extrait de baie, une huile de graines et une huile de pulpe n’apportent pas les mêmes constituants. L’étiquette doit donc être examinée pour connaître précisément la matière première et la quantité utilisée.


9.2. Cosmétiques et soins à base d’argousier

L’argousier est également utilisé dans la formulation de nombreux produits cosmétiques, notamment des huiles, crèmes, baumes et sérums. Les huiles issues des graines ou de la pulpe peuvent être incorporées directement dans ces formulations.


L’huile de pulpe se distingue particulièrement par sa couleur orange à rouge orangé, liée à sa teneur en caroténoïdes. L’huile de graines possède quant à elle un profil lipidique différent, dominé par les acides linoléique et α-linolénique.


Dans un produit cosmétique comme dans un complément alimentaire, la simple mention « argousier » ne suffit donc pas : il est utile de vérifier quelle partie du fruit a réellement été utilisée.


10. Précautions d’emploi et limites des connaissances actuelles

Point de vigilance Ce qu’il faut savoir Précaution à retenir
Compléments alimentaires Les produits peuvent contenir des huiles, poudres ou extraits dont les concentrations sont très différentes. Respecter les doses et les recommandations du fabricant.
Effets indésirables Les données disponibles ne permettent pas d’établir un profil identique pour toutes les préparations à base d’argousier. Interrompre l’utilisation en cas de réaction inhabituelle et demander conseil si nécessaire.
Traitements médicamenteux Les données concernant les interactions entre des extraits concentrés d’argousier et les médicaments restent limitées. Demander conseil à un professionnel de santé en cas de traitement médicamenteux.
Grossesse et allaitement Les données disponibles sont insuffisantes pour généraliser la sécurité de tous les compléments et extraits. Demander l’avis d’un professionnel de santé avant toute supplémentation.
Bienfaits annoncés Une composition nutritionnelle intéressante ou un résultat expérimental ne constitue pas automatiquement la preuve d’un bénéfice chez l’être humain. Distinguer composition, résultats de recherche et allégations de santé autorisées.
Données scientifiques Les études portent sur des préparations, des concentrations et des protocoles différents. Éviter de généraliser les résultats d’une étude à tous les produits contenant de l’argousier.

Ces informations concernent principalement les compléments alimentaires et les extraits concentrés. Elles ne doivent pas être confondues avec la consommation alimentaire habituelle de l’argousier.


11. Pourquoi l’argousier suscite-t-il autant d’intérêt ?

L’argousier réunit plusieurs caractéristiques qui expliquent l’intérêt porté à cette plante, aussi bien sur le plan botanique que nutritionnel et cosmétique.

Particularité Pourquoi est-elle intéressante ?
Résistance L’argousier est capable de se développer dans des environnements difficiles et sur des sols relativement pauvres.
Vitamine C Ses baies peuvent présenter une teneur élevée en vitamine C, variable selon la variété, l’origine et la maturité.
Composition Les baies contiennent notamment des caroténoïdes, polyphénols, vitamines et différents minéraux.
Profil lipidique L’huile de pulpe se distingue notamment par l’ oméga-7, tandis que l’huile de graines apporte davantage d’oméga-3 et d’oméga-6.
Diversité des usages Baies, huiles et extraits sont valorisés dans l’alimentation, les compléments alimentaires et les produits cosmétiques.

L’argousier se situe ainsi à la croisée de la botanique, de la nutrition et de la cosmétique. Son intérêt repose avant tout sur la diversité de sa composition et sur les possibilités de valorisation de ses baies, de ses graines et de ses huiles.


12. FAQ sur l'argousier

1. Quel goût ont les baies d’argousier ?

Les baies d’argousier possèdent un goût très acidulé, fruité et légèrement astringent. Cette acidité explique pourquoi elles sont rarement consommées en grande quantité telles quelles. Elles sont plus souvent transformées en jus, purées, sirops, confitures ou intégrées à différentes préparations.

2. Comment consommer les baies d’argousier ?

Les baies peuvent être consommées fraîches ou transformées. Leur forte acidité conduit souvent à les utiliser sous forme de :

  • jus ou purée ;
  • compote ou confiture ;
  • préparation culinaire ;
  • poudre de fruits séchés.


La transformation et le stockage peuvent toutefois modifier la teneur de certains constituants, notamment la vitamine C.

3. Peut-on congeler les baies d’argousier ?

Oui. La congélation est une méthode pratique pour conserver les baies après leur récolte et les utiliser progressivement.

Elle présente également un avantage pratique : les fruits mûrs étant fragiles et très serrés autour des rameaux, le froid peut faciliter leur séparation lorsqu’une récolte adaptée à cette technique est pratiquée.

4. Pourquoi mon argousier ne produit-il pas de fruits ?

Plusieurs raisons sont possibles. La plus fréquente est l’absence d’un plant mâle permettant la pollinisation des plants femelles.

L’âge de la plante, la variété, une mauvaise pollinisation, des conditions de culture défavorables ou une taille inadaptée peuvent également limiter la fructification.

5. Quelle est la différence entre l’argousier et l’arbousier ?

Malgré leurs noms proches, ce sont deux plantes différentes. L’argousier (Hippophae rhamnoides) appartient aux Elaeagnaceae, tandis que l’arbousier (Arbutus unedo) appartient aux Ericaceae.


Leurs fruits sont également très différents : l’argousier produit de petites baies orange serrées autour des rameaux, alors que l’arbousier produit des fruits rouges arrondis à surface granuleuse.

6. D’où vient le nom « argousier » ?

Le nom botanique de l’argousier est Hippophae rhamnoides. Le genre Hippophae vient du grec ancien et associe des termes faisant référence au cheval et à l’idée de brillance. L’origine de ce nom est traditionnellement liée à l’utilisation ancienne de la plante pour les chevaux.

7. L’argousier est-il la même plante que le sea buckthorn ?

Oui. « Sea buckthorn » est le nom anglais couramment utilisé pour désigner l’argousier, notamment Hippophae rhamnoides. Cette appellation apparaît fréquemment sur les compléments alimentaires, huiles et publications scientifiques anglophones.


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Compléments alimentaires Naturège : Magnésium 6+, Drailigne, Renfort Veineux et Prostazinc
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